
Puisque l’on va, de-ci, de-là,
puisque l’on va chacun son chemin,
puisque le temps y dépose chaque matin
sa larme de rosée et son sourire léger,
puisque l’on va traverser et croiser
des dizaines de sentiers,
puisque l’on sait qu’on va y rencontrer
des centaines d’êtres dont on nous fait croire qu’ils nous sont étrangers,
puisque nous le savons qu’ils sont plus proches de nous
que chacun d’entre nous avec soi-même ne l’a jamais été,
puisque nous sommes dans le nous quand on laisse un peu de côté
le je impérieux, impétueux, exigeant et inquiet,
puisque nous le savons, qu’alors nous sommes plus forts
plus riches, libres et ouverts, et plus confiants,
alors cessons en marchant de regarder nos pieds
et tant pis/tant mieux si sur quelque caillou nous trébuchons
car il y aura des mains attentives qui vers nous se tendront
nous rassurant encore, chassant l’ombre du doute.
Puisque nous le savions, qu’en allant et venant sur la route
nous allions rencontrer.
Rencontrer la rencontre.
L’insolite, l’inouï, l’ordinaire, l’inattendu, et l’inconnu méconnu reconnu…
.