La vie est trop courte pour être petite…

Bienvenue dans ma roulotte

Archive pour le 19 mai, 2017

Ici et là-bas. Là-bas vu d’ici… (1)

Posté : 19 mai, 2017 @ 11:20 dans Chemin, Histoires de Coeurs, Un livre | Pas de commentaires »

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ART FLORAL JAPON

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Deux raisons, également liées aux films d’Ozu.

La première réside dans les portes coulissantes elles-mêmes.

Dès le premier film, Le goût du riz au thé vert, j’avais été fascinée par l’espace de vie japonais et par ces portes coulissantes refusant de pourfendre l’espace et glissant en douceur sur des rails invisibles.

Car, lorsque nous ouvrons une porte, nous transformons les lieux de bien mesquine façon. Nous heurtons leur pleine extension et y introduisons une brèche malavisée à forces de mauvaises proportions. Si on y réfléchit bien, il n’y a rien de plus laid qu’une porte ouverte.

Dans la pièce où elle se trouve, elle introduit comme une rupture, un parasitage provincial qui brise l’unité de l’espace. Dans la pièce contiguë, elle engendre une dépression, une fissure béante et néanmoins stupide, perdue sur un bout de mur qui eût préféré être entier.

Dans les deux cas, elle perturbe l’étendue sans autre contrepartie que la licence de circuler, laquelle peut pourtant être assurée par bien d’autres procédés.

La porte coulissante, elle, évite les écueils et magnifie l’espace.

Sans en modifier l’équilibre, elle en permet la métamorphose. Lorsqu’elle s’ouvre, deux lieux communiquent sans s’offenser. Lorsqu’elle se ferme, elle redonne à chacun son intégrité. Le partage et la réunion se font sans intrusion.

La vie y est une calme promenade, alors qu’elle s’apparente chez nous à une longue suite d’effractions.

- C’est vrai, dis-je à Manuela, c’est plus pratique et moins brutal. 

L’élégance du hérisson, Chapitre : Brisure et continuité, partie 1.

Muriel Barbery

Editions Gallimard

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J’avais savouré cet ouvrage, l’écriture en est sublime, le sujet original et les personnages délicieux.

Plus tard j’ai vu le film, pour une fois assez fidèle au livre, mis à part, bien sûr, cette somptuosité et ces subtilités littéraires, cela va de soi.

Le livre reste l’original. Et le film en est une bien belle copie.

Deuxième partie de ce chapitre – sur la brisure et la continuité – la semaine prochaine.

                   mm

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