La vie est trop courte pour être petite…

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Archive pour le 2 juin, 2017

Les fameuses apparences…

Posté : 2 juin, 2017 @ 8:57 dans Chemin, Citations & Pensées, Histoires de Coeurs, Un livre | Pas de commentaires »

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NUIT SAHARIENNE

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Ne jugez pas sur les apparences

Inda et Ouali étaient un couple d’artisans maroquiniers, ils étaient heureux d’attendre un enfant à qui ils pourraient transmettre leur art de travailler la peau.

Un jour Ouali revint tard du marché et son attention fut attirée par de petits cris d’animaux provenant d’un acacia situé à l’entrée du village. Il s’approcha et fut surpris par une petite boule de poils roux qui vint se blottir à ses pieds, c’était un bébé fennec. Attendri, il le prit dans ses mains et le petit animal sembla heureux de trouver enfin quelqu’un qui prenne soin de lui. Ouali pensa à un présage des esprits du sable. Il aurait un garçon et cet animal grandirait avec lui en veillant sur son fils.

Ouali sourit au petit fennec et lui dit : 

“Viens, puisque le destin t’a placé sur mon chemin, je te nomme Malik.”

Arrivé chez lui, il ne fut point surpris de trouver toute la famille autour de sa femme, elle venait juste d’accoucher. C’était un garçon qu’ils nommèrent Massinissa. La famille préparait les beignets et le thé à la menthe pour célébrer la naissance du fils.

Ouali sortit le petit fennec de sa besace et dit à Inda :

“Voici le compagnon de ton fils que les esprits du sable m’ont envoyé aujourd’hui.”

Durant la fête, Malik eut un grand succès. L’enfant et le petit fennec grandirent ensemble. Ils s’amusaient beaucoup et devinrent inséparables.

Un jour, Ouali et Inda durent s’absenter pour aller au marché voisin, ils recommandèrent alors à Malik de veiller comme d’habitude sur Massinissa. A leur retour, le père trouva le petit fennec hors de la tente, le museau plein de sang. Ouali sans réfléchir prit son fusil et tua Malik. Inda affolée se précipita dans la tente et vit son petit dormant, un serpent égorgé gisant près de sa couche.

Les parents comprirent trop tard que le petit fennec veillait bien sur leur enfant pendant sa sieste, il lui avait sauvé la vie en égorgeant le serpent qui allait le tuer. Ils pleurèrent l’ami fidèle de Massinissa, et l’enterrèrent dignement, demandant à son âme de pardonner Ouali d’avoir jugé trop vite sur les apparences. 

Mémoires du Sahara – Contes berbères et touaregs, recueillis par Thawia Athetalev

Extrait, pages 119 & 120

Editions Séquoia

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Dieu a créé des pays avec de l’eau pour que les hommes puissent y vivre.

Et il a créé le désert afin qu’ils puissent connaître leur âme. 

Parole Touareg

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Il y a une vie avant, et une vie après, avoir rencontré le désert.

Cet espace minéral qui murmure dès le soir, et qui semble destiné à s’unir au manteau bleu nuit tapissé d’une infinité d’étoiles.

Où l’on se sent si petit, posé entre les deux, et presque intrus…

Les souvenirs de ces instants, au beau milieu de ces deux immensités, sont inoubliables.

Ils sont toujours excellents à revisiter, que ce soit pour leur beauté, leur puissance et leur sérénité, ou pour l’humilité que ces infimes instants nous ont enseignée.

                       mm

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