La vie est trop courte pour être petite…

Bienvenue dans ma roulotte

Archive pour la catégorie 'Chemin'

Ils ont dit… et elles aussi…

Posté : 1 septembre, 2009 @ 1:08 dans Chemin, Citations & Pensées | Pas de commentaires »

26 août, 2009 @ 1:21

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“Ecris, pour montrer que même au comble de la nuit peut jaillir la lumière.”

Gitta Mallasz

“Ecrire, c’est arrêter des parcelles d’instants pour les donner.

Ecrire, c’est déjà un peu arrêter le temps.”

Claude Péloquin

“Ce que l’on écrit en se jouant, un autre le lit avec tension et passion, ce que l’on écrit avec tension et passion, un autre le lit en se jouant.”

Paul Valéry

“Sur mes cahiers d’écolier, sur mon pupitre et les arbres, sur le sable et la neige, j’écris ton nom, Liberté.”

Paul Eluard

“Je rends grâce à la lumière que nous apportent ceux qui percent les murs de nos cellules avec leurs stylos.”

Abraham Serfaty, ancien prisonnier d’opinion (cf Amnesty International)

 “Notre vie est un livre qui s’écrit tout seul. Nous sommes des personnages d’un roman qui ne comprennent pas toujours bien ce que veut l’auteur.”

Julien Green

Petit florilège personnel et… non exhaustif ! les pages s’offrent toujours à nos plumes…

Le saxo qui parle sous les étoiles

Posté : 31 août, 2009 @ 4:28 dans Chemin | Pas de commentaires »

26 août, 2009 @ 1:38

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Fin de journée “à la ville”…

La ville c’est vite dit, mais vu depuis mon hameau accroché à sa montagne comme un petit pot de géranium à son balcon, c’est que le gros bourg nous prendrait presque de ces airs de capitale…

J’allais retrouver mes amis, comme chaque mardi.

Ca sentait bon le café. Ils étaient là.

Elle était là avec son beau sourire qui fait briller ses yeux, et son accent délicieux qu’elle cultive avec soin, comme tout son jardin, le conservant comme une identité, comme un lien, malgré tout, malgré la beauté d’ici, malgré sa maison et ses amis.

Il était là avec ses hésitations dans la voix, me donnant toujours cette impression qu’il n’est pas complètement là, qu’il est resté un morceau de lui dans le couloir, dans sa voiture, dans sa maison, plus loin…

Elle aussi était là avec sa ferveur retrouvée, qui sait bien ce qu’elle ne veut plus, et en paye le prix, cash, sans plus trop s’offusquer.

Ah tiens, lui, il me semble que je le connais, souvenirs.

Et puis lui aussi était là, qui a traversé l’océan, et pourtant parle exactement des mêmes choses que tous les autres.

Et puis elle était là. Ouf. J’étais contente. Mais en la voyant j’ai compris pourquoi depuis la voiture déjà j’avais ressenti cette crispation intérieure, que je reconnais bien, toujours la même, celle qui me dit que quelqu’un que j’aime ne va pas bien… et c’était ça, elle allait mal, très mal je l’ai senti, d’ailleurs elle n’a pas pu parler. Mais elle est restée. A peut-être perçu, entrevu, entendu, ou engrangé pour plus tard.

Même estompée, même évanouie, toujours la désespérance nous reliera, au-delà de nos mots, même au-delà de nos pensées, elle se délaiera toujours dans nos yeux qui s’y noient dès qu’ils se reconnaissent, même quand ils disent l’espoir, même quand ils disent la joie, même quand ils disent la vie.

Il est des tourmentes qui soudent plus que tous les contrats du monde. Il est des rescapés qui n’oublieront jamais par quelles tortures ils sont passés. Qui ont besoin de leurs pairs pour s’en souvenir s’il leur arrivait d’oublier, et pour ne pas perdre le fil qui les a ramenés à la vie. Qui ont besoin à leur tour d’offrir, à celui qui s’en vient, la force d’aller chercher en lui la force qui s’y trouve.

Après la désespérance viendra le temps de la délivrance, de l’indicible liberté, de la grande lumière…

Mes amis de ce soir sont de ceux-là. Et moi aussi.

Et c’est bien bon de les retrouver. 

Merci la vie !

Et au retour, le saxo dans la voiture qui serpentait sous les étoiles me l’a dit aussi ! 

Le Mal existe-t-il ?

Posté : 31 août, 2009 @ 4:27 dans Chemin, Citations & Pensées | 2 commentaires »

25 août, 2009 @ 4:15

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Un professeur universitaire a défié ses étudiants avec cette question : Est-ce que Dieu a créé tout ce qui existe ?

Un étudiant a bravement répondu : Oui, monsieur, il l’a certainement fait !

Le professeur reprend : Dieu a-t-il tout créé ? ­

Oui, monsieur, répète l’étudiant.

Réponse du professeur : Si Dieu a tout créé, il a donc aussi créé le mal. Etant donné que le mal existe, et selon le principe de nos travaux qui définissent ce que nous sommes, Dieu est donc mauvais.

L’étudiant reste silencieux devant une telle réponse.

Le professeur tout à fait heureux de lui-même, se vante alors auprès des étudiants qu’il a prouvé encore une fois que la foi était un mythe.

A ce moment, un autre étudiant lève sa main et dit : Puis-je vous poser une question ?

Bien sûr, répond le professeur.

L’étudiant demande : Professeur, le froid existe-t-il ?

Quel genre de question est-ce, cela ? bien sûr qu’il existe, vous n’avez jamais eu froid ? réplique le professeur.

Le jeune homme répond : En fait monsieur, le froid n’existe pas.

Selon une loi de la physique, ce que nous considérons le froid, est en réalité l’absence de chaleur qui elle existe belle et bien. La chaleur est produite par un corps ou par une matière qui transmet de l’énergie.
Le Zéro Absolu est l’absence totale de chaleur ; toute la matière devient inerte et incapable de réagir à cette température, le froid n’existe pas, nous avons créé ce mot pour décrire ce nous ressentons en l’absence de la chaleur.

L’étudiant continue : Professeur, l’obscurité existe-t-elle ? Bien sûr, répond le professeur

L’étudiant réplique : Vous avez encore tort Monsieur, l’obscurité n’existe pas non plus.

L’obscurité est en réalité l’absence de lumière ; nous pouvons étudier la lumière, mais pas l’obscurité. En fait, nous pouvons utiliser le prisme de Newton pour fragmenter la lumière blanche en plusieurs couleurs et étudier les diverses longueurs d’onde de chaque couleur ; nous ne pouvons pas mesurer l’obscurité.

Un simple rayon de lumière peut faire irruption dans un monde d’obscurité et l’illuminer.

Comment pouvez-vous savoir l’espace qu’occupe l’obscurité ? Vous mesurez la quantité de lumière présente. N’est-ce pas vrai ?
L’obscurité est un terme inventé par l’homme pour décrire l’absence de lumière.

Finalement, le jeune homme demande à son tour au professeur : Monsieur, le mal existe-t-il ?  

Maintenant incertain, le professeur répond : Bien sûr comme je l’ai déjà dit, nous le voyons chaque jour, c’est dans les exemples quotidiens de l’inhumanité de l’homme envers l’homme, c’est dans la multitude des crimes et des violences partout dans le monde, ces manifestations ne sont rien d’autre que du mal !

L’étudiant réplique : le Mal n’existe pas Monsieur, ou du moins il n’existe pas de lui-même.

Il est comme l’obscurité et le froid, un mot que l’homme a créé pour décrire une absence. Le Mal est en fait l’absence de Dieu. Dieu n’a pas créé le mal. Le Mal n’est pas comme la Foi, ou l’Amour, qui existe tout comme la lumière et la chaleur.  Le Mal est le résultat de ce qui arrive quand l’homme n’a pas l’amour de Dieu dans son coeur. 

Il est comme le froid qui vient quand il n’y a aucune chaleur ou l’obscurité qui vient quand il n’y a aucune lumière. Le professeur, à son tour, reste silencieux devant une telle réponse.

Le nom du jeune étudiant : Albert Einstein. 

Lequel des deux ?

Posté : 31 août, 2009 @ 4:22 dans Chemin, Contes & Légendes & Allégories | 4 commentaires »

24 août, 2009 @ 2:27

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Deux loups

Un soir, un vieux Cherokee racontait à son petit-fils qu’une bataille avait lieu en chacun de nous. 

“Le combat, mon fils, oppose les loups qui nous habitent. 

Le premier s’appelle Mal ; il est colère, envie, jalousie, tristesse, regret, avarice, arrogance, apitoiement, culpabilité, ressentiment, infériorité, mensonge, orgueil, supériorité, ego. 

Le second porte le nom de Bien ; il est joie, paix, amour, espoir, sérénité, humilité, bonté, bienveillance, empathie, générosité, vérité, compassion et foi.”

Le petit-fils réfléchit un instant avant de demander : “Lequel des deux loups est le plus fort ?”

“Celui que tu nourris”, répondit le grand-père. 

Emerveillons-nous…

Posté : 31 août, 2009 @ 4:14 dans Chemin, Citations & Pensées | 2 commentaires »

23 août, 2009 @ 10:45

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Selon le philosophe Bertrand Vergely, l’émerveillement est un art de vivre. Mieux, une condition vitale. Une société qui n’y a plus accès est menacée de mort.

<< On a trop vite tendance à confondre le merveilleux et l'émerveillement.
Or il ne s’agit pas de se fondre dans l’euphorie, dans le monde merveilleux, sans limites, d’un Dysney où imaginaire et réel, adultes et enfants, se confondent, où les animaux parlent et dansent comme les hommes.

S’émerveiller, bien au contraire, c’est aller sciemment dans la réalité, fût-elle dure. Ce n’est pas parce que le monde entier n’est pas paradisiaque que c’est un enfer. Inversement, ce n’est pas parce que tout va bien que l’on est à Dysney avec Donald !

Cessons de tricher avec la vie et de nous raconter des histoires, regardons l’existence telle qu’elle est, sortons de la naïveté. Ce qui est merveilleux, c’est que nous vivons dans une réalité qui change à chaque instant, et pour laquelle on ne peut rien prévoir, rien savoir, si on ne descend pas dans ses profondeurs. Je m’émerveille, cela signifie : je me bouscule, je bouge, je ne cherche pas  à avoir le dernier mot ; cela veut dire que je découvre sans cesse du neuf, que j’arrête de voir le monde et les choses de façon banale, parce que j’ai enfin conscience que tout ce que je vis est étonnant.

L’émerveillement, ce n’est pas la fusion entre l’idéal, le rêve et la réalité, mais entre l’homme intérieur et la réalité.
Alors on s’émerveille d’exister, que le monde existe, et qu’il y ait une relation possible entre le monde et moi. Tout n’y est pas bien, mais il y a plus profond que le bien et le mal : il y a le vivant, il y a la Présence qui nous relie.
La vie n’est pas une quantité de vie mais une qualité.

S’émerveiller, c’est revenir sur terre habiter le monde tel qu’il est, et le trouver ouvert et bon. C’est revenir au premier matin du monde et se mettre en état de création. “Ameuter la vie”, comme disait Antonin Artaud

S’émerveiller, c’est se réveiller, c’est envoyer au feu toutes nos catégories, tous nos a priori. Les choses ne font que commencer. Ce qui nous fait mourir, ce n’est pas la mort, c’est de ne pas vivre. >>

… Selon lui également, l’émerveillement ne tombant pas du ciel (ni de nulle part ailleurs, j’ai payé cher pour l’apprendre…), il nécessite quatre ingrédients : le désir, le courage, la persévérance et la gratitude.

Qui me semblent fort judicieux. Et auxquels pour ma part j’insèrerais bien la confiance, qui s’inscrit sans faire de bruit dès le début de l’histoire, et se construit et se renforce peu à peu, pour finir par devenir non plus un objet, mais un état, une transformation, un conditionnement, non plus une simple aptitude mais une attitude, comme cela se produit au fil du temps pour la gratitude (ou encore la compassion, par exemple…).

Je pense qu’il faut aussi assez d’humilité, pour ne plus se croire le maître de cérémonie, pour quitter les vieux réflexes d’auto-satisfaction qui barrent la route à toute forme d’émerveillement de ce qui provient de l’extérieur ou de l’autre, et nous enferment dans la prison de l’égocentrisme, et pour recevoir comme des cadeaux infiniment précieux des choses qui auparavant nous seraient apparues comme insignifiantes ou tout à fait normales, dues…

L’émerveillement, et son proche cousin l’enthousiasme, sont des fleurs rares et précieuses, à cultiver avec attention et amour, au quotidien, qui nécessitent des soins constants mais en même temps qui savent se contenter de peu ; notre noyau initial, notre petite flamme intérieure, n’ont besoin que d’un peu d’amour, d’un peu d’oxygène, d’un peu de curiosité, de simplicité, d’un peu d’enfance retrouvée…

S’émerveiller, c’est s’inscrire dans le grand cycle du monde, c’est passer de l’autre côté du miroir, c’est privilégier le ressenti face à l’intellect, et je ne vais pas encore reparler du grain de sable… mais pourtant il est bien là encore… ou bien la goutte d’eau, ou le flocon de neige… T

Bonne journée, bon dimanche…..

Image à penser…

Posté : 31 août, 2009 @ 4:11 dans Chemin, Images | Pas de commentaires »

22 août, 2009 @ 11:32

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La nébuleuse Cat’s eye…

On est bien peu de chose… et mon amie la rose me l’a dit ce matin…

Et l’univers aussi me le dit… chaque instant de chaque jour, quand je veux bien l’entendre…

On est bien peu de chose… et mon amie la rose me l’a dit ce matin…

Avec ce genre d’images, il se pourrait que la petite pendule intérieure consente à se (re)mettre à l’heure…

On est bien peu de chose… et mon amie la rose me l’a dit ce matin… 

On est bien peu de chose… minuscule et immense à la fois, mais autant de l’un que de l’autre…

On est bien peu de chose… et mon amie la rose me l’a dit ce matin…

Grain de sable parmi les grains de sable, chacun ayant son utilité. Pas plus. Pas moins.

Grain de sable parmi les grains de sable, relié à tous les grains de sable, donc relié au grand tout.

On est bien peu de chose… et mon amie la rose me l’a dit ce matin… ♣

Bizarre, j’ai dit bizarre…

Posté : 31 août, 2009 @ 4:08 dans Chemin | 3 commentaires »

22 août, 2009 @ 12:19

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Petite curiosité ! 

En apparence…

M’y attardant, qui éveille cependant en moi certaines résonnances…

L’on m’a dit qu’en Chine, le mot “crise” est représenté par deux idéogrammes : “danger” et “opportunité”

Dans ce livre de mes premiers secours en cas de gros bobo à l’âme (Conseils d’une amie pour des temps difficiles), Pema Chödrön écrit ceci : “En présence d’une grande déception, nous ne savons pas si c’est la fin de l’histoire, ce peut être précisément le début d’une grande aventure !”.

Elle dit autre chose à ce propos dans un autre ouvrage, quelque chose qui m’a vrillé le coeur quand je l’ai lu, furieuse  similitude… “C’est seulement dans la mesure où nous nous exposons nous-mêmes encore et toujours à l’anéantissement que ce qui est indestructible en nous peut apparaître”…

Christian Bobin, ardent cultivateur du divin dans le presque rien, nous parle de “l’extrême faiblesse indestructible et invincible”, et nous dit : “Dans le monde de l’esprit, c’est en faisant faillite que l’on fait fortune”…

Et puis c’est bien connu : ”Ce qui ne tue pas rend plus fort”, et ça c’est de Nietzsche.

Et il y a comme ça des tas de références, chez les philosophes, dans la spiritualité, la littérature et la psychologie, à propos de cet “endure“, qui en passant par “chance“ peu à peu devient “change“…

Rien n’est anodin. Même l’anodin ne l’est pas.

Mais la morale de l’histoire… c’est l’espoir !

Espoir pas mort ! gueulait Ferré… même en disant : Il n’y a plus rien…

Alors petite curiosité ?

Oh non…. Grande trouvaille ! 

Joli cadeau reçu ce jour… couleur du jour…

Un lutin, des perles, quelques fruits et légumes…

Posté : 31 août, 2009 @ 4:04 dans Chemin | 2 commentaires »

20 août, 2009 @ 7:00

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Mercredi dernier… m’en suis allée au marché.

Et comme chaque fois j’en ai fait le tour à l’envers.

A l’envers de qui de quoi ? à l’envers de tout le monde. Ou presque tout le monde. A l’envers du bon sens quoi. Du sens logique. Du sens qu’il faut.

C’est tout de même curieux cette drôle d’attirance d’école buissonnière, à préférer l’allée des marronniers, avant d’aller remplir mon panier sur la place, au milieu des cris des marchands, des olives à goûter, du fromage voisin, fleurant bien haut et fort tous ses stades d’affinage, juste à côté des petits pots de miel qu’on dirait du soleil, au milieu des tomates d’antan toutes pimpantes et joyeuses d’être enfin revenues à la mode, et puis des pêches juteuses et des abricots tachetés et moelleux, et des oignons sucrés tout frais ramassés du matin, liés en bottes sous nos yeux.

C’est tout de même curieux de choisir plutôt d’aller flâner, le panier vide au bras, au milieu de ces étals bigarrés et joyeux et soyeux, avec des odeurs d’encens et de tissus crissants qui me ramènent aux lèvres de vieux sourires de vieux souvenirs, avec du satin, de la soie ou du lin où attarder la main, comme un plaisir volé, innocent, avec des écharpes, des bouts de voilages d’organdi qui semblent jouer avec le vent léger, et colorer l’air de leurs teintes dorées et pourpres, couleurs de soleil et de feu, d’améthyste et d’opaline parfois, des teintes qui font de belles joues et de beaux yeux quand on passe dessous, près de ces parfums trop lourds mais si attendrissants, et des bijoux frivoles, et d’autres qui prennent l’air grave, qui presque se prendraient pour des boules de cristal, des atours de sorcières ou de femmes fatales, et puis… tiens ?! de ravissants petits lutins posés fort joliment parmi feuilles et branchages, fougères et petits cailloux, hummm ça sent bon la forêt…

Alors cette fois je n’ai pas résisté, me suis offert ce petit lutin malicieux, qui m’avait fait un clin d’oeil au tout début de l’été,  quand je m’étais dit “il est mignon, peut-être je l’achèterai…” et puis je n’y avais plus pensé, plus tard il m’était revenu et je l’aurais bien vu, là, sur le bord de cette étagère, devant ces livres… et voilà qu’il était toujours là, sans que je le lui demande, posé en équilibre sur un bout de bois, son livre ouvert sur les genoux, à me murmurer du regard “tu vois je suis là je t’attendais”… il sera mon invité, un petit hôte de plus dans ma maisonnée, j’ai maintenant un trésor dans mon panier…

Et puis je suis passée à l’étal d’à-côté. Mine de rien. D’un air qui se voulait détaché, alors qu’il se voyait gourmand. Comme si je voulais ignorer que c’était là le but de ma promenade dérobée, mon coin favori, où je peux passer des heures, où ça sent bon le papier et le livre ancien au parfum inimitable, le stand du bouquiniste…

Après bien des découvertes, des cadeaux reçus en plein vol de quelques lignes belles, après moultes hésitations et tergiversations, et je prends celui-là, oh non plutôt celui-ci, et celui-là, aussi ? pour finir par une toute petite dépense, c’est un tout petit ouvrage vert foncé qui est venu se caler dans ma main : “Les perles de la littérature”…

Délicieux, savoureux… 

“Le vieux gentilhomme se promenait tout seul dans son parc, les mains derrière le dos en lisant son journal.” (Ponson du Terrail)

“Jeantrou avait gardé sur le coeur les coups de pied au cul de la baronne.” (Emile Zola)

“Daniel ne répondit pas. C’était la première fois qu’il parlait ainsi à son père.” (Jules Mary)

“Il est onze heures, répéta le personnage muet.” (Honoré de Balzac)….

C’est drôle de voir ces grands messieurs se tromper de la sorte, ça les désacralise, ça nous les rend plus proches, familiers… et en même temps j’entends ces fausses notes d’hier se trouver justes au goût du jour, avec ses multiples degrés d’écriture et même de lecture…

Bon mais voilà, c’est presque la fin du marché ! et mon panier est presque vide !  j’ai quand même trouvé quelques tomates, les plus grosses, celles que les gens délaissent, quelle importance, c’est justement celles-là que je préfère, bien dodues, bien charnues ! et puis quelques olives, oui oui les pimentées ça ira très bien ! une demi-douzaine d’oeufs : ”il en reste, c’est un miracle !” me dit la fermière (je lève les yeux au ciel et remercie les deux pour le miracle…) et sa voisine d’un air navré, presque réprobateur me dit que “non ! il n’y a plus de fromages ! ouh là ! depuis longtemps !”.

… C’était une belle et bonne matinée, je vais aller maintenant m’attabler avec quelques amis au café sous les marronniers, au bord de la rivière, ce vieux café d’un autre temps, où le café même mauvais est un délice, parce qu’il a le goût du simple, du vrai, de l’amitié…. du qui a traversé des histoires, des tourmentes et puis vu du pays et de l’eau couler sous le pont, et parce qu’il est toujours là, paisible, accueillant, avec sa treille et ses vieux guéridons branlants, et sa patronne au tendre sourire et aux cheveux d’argent…   

Le vase brisé…

Posté : 31 août, 2009 @ 4:01 dans Chemin, Poésie | 5 commentaires »

19 août, 2009 @ 1:35

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Le vase où meurt cette verveine

D’un coup d’éventail fut fêlé ;

Le coup dut effleurer à peine :

Aucun bruit ne l’a révélé.

.

Mais la légère meurtrissure,

Mordant le cristal chaque jour,

D’une marche invisible et sûre,

En a fait lentement le tour.

.

Son eau fraîche a fui goutte à goutte,

Le suc des fleurs s’est épuisé ;

Personne encore ne s’en doute ;

N’y touchez pas, il est brisé.

.

Souvent aussi la main qu’on aime,

Effleurant le coeur, le meurtrit ;

Puis le coeur se fend de lui-même

La fleur de son amour périt.

.

Toujours intact aux yeux du monde,

Il sent croître et pleurer tout bas

Sa blessure fine et profonde ;

Il est brisé, n’y touchez pas.

.

René-François Sully Prudhomme (1839-1907)

Chercher… trouver…

Posté : 31 août, 2009 @ 10:43 dans Chemin | 12 commentaires »

18 août, 2009 @ 11:26

                   crepusculesetauroresparisfrance.jpg             

Rendue au milieu de ma vie,
J’ai cherché à savoir “À quoi ça sert la vie ?”

J’ai cherché dans les pays et les voyages,
J’ai cherché dans la gloire et le succès,
J’ai cherché dans les religions et les livres,
J’ai cherché dans le travail et l’argent, 

J’ai cherché dans l’autre, puis l’autre encore, 

J’ai cherché dans les vapeurs et les volutes, 

J’ai cherché dans le fin fond de mes obscurités,
J’ai cherché de toutes les façons,
J’ai même cherché des façons de chercher.

Un beau jour, j’ai trouvé sans chercher,
J’avais cherché trop loin, trop haut, trop profond, à l’extérieur, dans les autres,
J’avais cherché l’inaccessible pour me le rendre impossible.

J’avais cherché l’impossible pour m’apercevoir qu’il n’y avait rien à trouver.
Car ce que je cherchais… se trouve à l’intérieur de nous.

Maintenant que je sais que la vie est faite de petits et de grands moments présents.
Maintenant que je sais qu’il faut se détacher pour aimer plus fort.
Maintenant que je sais que le passé ne m’apporte rien d’autre que son histoire.
Maintenant que je sais que le futur peut me faire souffrir d’angoisse et d’insécurité.
Maintenant que je sais qu’on n’a pas besoin de voyager dans l’astral pour être heureux sur cette terre.
Maintenant que je sais que la bonté et la simplicité sont essentielles et que pour rendre les autres heureux je dois l’être d’abord.
Maintenant que je sais qu’on peut aider les autres par l’exemple et le rayonnement.
 

Maintenant que je sais que mes cadeaux les plus chers me viennent du coeur de l’autre 

Maintenant que je sais que donner c’est recevoir et recevoir c’est donner,
Maintenant que je sais que l’acceptation est un gage de bonheur et que la nature est mon meilleur maître.
 

Maintenant que je sais que la réponse vient du même endroit que la question…

Maintenant que je sais que je vis,
Alors maintenant je vis tout simplement.

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