La vie est trop courte pour être petite…

Bienvenue dans ma roulotte

Archive pour la catégorie 'Société & Actu.'

Du Camus…

Posté : 21 juillet, 2017 @ 1:09 dans Chemin, Citations & Pensées, Société & Actu., Un livre | Pas de commentaires »

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UN BOUT DE LIVRE

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Oui, c`est la vérité que nous vivons sans avenir et que le monde d’aujourd’hui ne nous promet plus que la mort ou le silence, la guerre ou la terreur. Mais c’est la vérité aussi que nous ne pouvons pas le supporter parce que nous savons que l’homme est une longue création et que tout ce qui vaut la peine de vivre, amour, intelligence, beauté, demande le temps et la maturité. Et si nous ne pouvons pas le supporter, nous devons le dénoncer. Et la première chose justement est de pousser ce cri de révolte. 

Car la terreur et la fatalité sont faites pour moitié au moins de l’inertie et de la fatigue des individus en face des principes stupides ou des actions mauvaises dont on continue d`empoisonner le monde. La tentation la plus forte de l’homme est celle de l’inertie. Et parce que le monde n’est plus peuplé par le cri des victimes, beaucoup peuvent penser qu’il  continuera d’aller son train pendant quelques générations encore. Il ira son train, en effet, mais parmi les prisons et les chaînes. Parce qu’il est plus facile de faire son travail quotidien et d’attendre dans une paix aveugle que la mort vienne un jour, les gens croient qu’ils ont assez  fait pour le bien de l’homme en ne tuant personne directement.

Mais, en vérité, aucun homme ne peut mourir en paix s’il n’a pas fait tout ce qu’il faut pour que les autres vivent et s’il n’a pas cherché ou dit quel est le chemin d’une mort pacifiée. Et d’autres encore, qui n’ont pas envie de penser trop longtemps à la misère humaine, préfèrent en parler d’une façon très générale et dire que cette crise de l’homme est de tous les temps. Mais ce n`est pas une sagesse qui vaut pour le prisonnier ou le condamné. Et, en vérité, nous continuons d`être dans la prison, attendant les mots de l’espoir.

Les mots d’espoir sont le courage, la parole claire et l’amitié. Qu’un seul homme puisse envisager aujourd’hui une nouvelle guerre sans le tremblement de l’indignation et la guerre devient possible. Qu’un seul homme puisse justifier les principes qui conduisent à la guerre et à la terreur et il y aura guerre et terreur. Il faut donc bien que nous disions clairement que nous vivons dans la terreur parce que nous vivons selon la puissance et que nous ne sortirons de la terreur que lorsque nous aurons remplacé les valeurs de puissance par les valeurs d`exemple.

Il y a terreur parce que les gens croient ou bien que rien n’a de sens ou bien que seule la réussite historique en a. Il y a terreur parce que les valeurs humaines ont été remplacées par les valeurs du mépris et de l’efficacité, la volonté de liberté par la volonté de domination. On n`a plus raison parce qu’on a la justice et la générosité avec soi. On a raison parce qu’on réussit. Et plus on réussit, plus on a raison. A la limite, c`est la justification du meurtre.

Tout le monde aujourd’hui veut réussir, par l’argent ou par le jeu. Tout le monde veut triompher. Les nations ne souhaitent pas le succès parce qu’elles ont raison mais elles le veulent pour avoir enfin raison. Aucune d’elles ne veut plus écouter l’autre. Il n’y a plus de dialogues possibles dans un univers où tout le monde est sourd. Demain, ce sera le monologue du vainqueur et le silence de l’esclave. C`est pourquoi les hommes ont raison d’avoir peur, parce que dans un pareil monde c’est toujours par hasard ou par une arbitraire bienveillance que leur vie ou celle de leurs enfants sont épargnées. Et ils ont raison aussi d`avoir honte parce que ceux qui vivent dans un pareil monde sans le condamner de toutes leurs forces (c`est-à-dire presque tous) sont à leur manière aussi meurtriers que les autres.

Il n’y a qu’un seul problème aujourd’hui qui est celui du meurtre, toutes nos disputes sont vaines.

Une seule chose importe qui est la paix.

Les maîtres du monde sont aujourd’hui incapables de l’assurer parce que leurs principes sont faux et meurtriers.

Que du moins, et dans tous les pays, ceux qui refusent le meurtre se réveillent, dénoncent les faux principes et entament pour leur propre compte la réflexion, le dialogue, le démarche exemplaire qui démontreront au moins que  l’histoire est faite pour l’homme et non pas le contraire.

Ceux qui ne veulent pas tuer doivent parler, et ne dire qu’une seule chose, mais la dire sans répit, comme un témoin, comme mille témoins qui n’auront de cesse que lorsque le meurtre, à la face du monde sera répudié définitivement. 

Albert Camus, Franchise No 3, novembre – décembre 1946.

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Ce texte quasi inédit d’Albert Camus a été remis par sa fille Catherine à Axel Kahn, qui l’a publié sur son blog, nous encourageant à le partager.

Il annonçait, semble-t-il, “L’homme révolté” en 1951… 

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est d’une étonnante modernité, et semble écrit dans l’actualité.

Merci à Albert Camus pour ce texte riche d’enseignement, et à Catherine Camus et à Axel Kahn pour ce partage.

        mm

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L’image du jour

Posté : 12 juillet, 2017 @ 7:22 dans Chemin, Images, Société & Actu. | Pas de commentaires »

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ON PART

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Alors on part…

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Les (mauvais) « bons » mots…

Posté : 3 juillet, 2017 @ 7:59 dans Chemin, Le Mot de la Semaine, Société & Actu. | Pas de commentaires »

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MaUVAISE HERBE

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Etre heureux. Apprécier ce que l’on a.

Réussir sa vie…

Une vie de belle ouvrage, d’affection, de bienveillance.

Une vie raisonnablement heureuse et utile.

Plutôt que réussir dans la vie.

Et être soi-même.

Plutôt qu’être réduit à sa fonction – interchangeable.

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Donc si, même sans vos encombrants bagages,

même sans fortune et sans appuis haut-placés,

chacun peut être quelqu’un, Monsieur.

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N’oublions pas que nous sommes tous reliés.

Chacun, chacune, une goutte de l’océan.

Sans lesquelles l’océan ne serait pas.

Ne jamais permettre à quiconque de nous abaisser.

Et se souvenir que celui qui le fait ne le fait qu’à l’aune de lui-même…

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Quelle tristesse d’entendre de pareilles choses. Quelle honte.

Il y aurait de quoi écrire des pages sur ce mauvais bon mot

               mm

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Philo.

Posté : 9 juin, 2017 @ 5:32 dans Chemin, Ensemble, Pour du mieux, Société & Actu., Un livre | Pas de commentaires »

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UN CHEMIN DE LIVRES

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Etre sage c’est être roi en soi.

Alain.

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L’autonomie est une notion capitale dans la vie de chacun d’entre nous. Elle semble bien être caractérisée par la maîtrise de soi, comme le suggère Alain…

Oui , l’autonomie, nous dit le dictionnaire, est la possibilité pour l’individu ou pour le groupe d’obéir à ses propres lois. Mais dès le départ une ambiguïté se présente.

En effet, le mot “loi” désigne trois catégories de contraintes : d’une part les lois de la nature, qui sont supposées être restées immuables depuis les instants qui ont suivi le mythique “big-bang”, d’autre part les règles du vivre ensemble adoptées par chaque société humaine, enfin les normes de comportement que nous nous imposons à nous-mêmes au nom de principes éthiques liés à la définition que nous nous proposons nous-mêmes. Les premières sont des données sur lesquelles nous n’avons pas de prise, elles s’imposent et nous ne pouvons que nous incliner, que “faire avec”, quitte parfois à nous en arranger en les détournant. Les deuxièmes sont le résultat de décisions humaines nécessairement arbitraires, donc révisables : c’est le consentement général qui leur donne puissance. Quant aux troisièmes, elles résultent d’une autoconstruction qui découle de la prise de conscience de mon existence et du désir de “donner un sens” à mon parcours.

On peut donner un sens à son existence tout en n’assumant pas certaines responsabilités, tout en ne respectant pas certaines lois. L’autonomie exige un effort particulier : si je respecte les limitations de vitesse, c’est parce que je comprends la nécessité d’une telle réglementation…

La limitation de vitesse illustre bien ces trois aspects des lois : en amont, il y a la loi de la nature, selon laquelle l’énergie cinétique est proportionnelle au carré de la vitesse ; c’est le fameux E = 1/2 mv² que connaissent les lycéens. Doubler la vitesse, c’est quadrupler l’énergie, d’où la nécessité de la limiter. Vient ensuite l’acceptation d’une règle imposée par le ministre de l’intérieur, dont le bras armé est la gendarmerie. Enfin, notre soumission à cette règle résulte de notre décision personnelle de mettre le respect de la vie des autres au-dessus de l’éventuel plaisir que nous procure la vitesse.

Finalement, il s’agit moins, pour être autonome, d’être maître de soi que de choisir, lorsque cela est possible, nos soumissions. Le problème c’est que la spontanéité l’emporte souvent sur la réflexion. Et surtout que les hommes, au nom de la liberté, refusent de se soumettre à la loi. 

Nouvelle petite philosophie – chapitre Autonomie , extrait

Albert Jacquard, avec la collaboration d’Huguette Planès

Editions Stock

&&&

Chapitre après chapitre, dans un dialogue avec une professeure de philosophie aux questions intelligentes et très pertinentes, Albert Jacquard dépeint les principaux thèmes de société, en explique les racines et les formes, dans un langage simple et efficace, comme de coutume. 

Une belle étude de société, depuis les tenants et les aboutissants jusqu’aux conséquences de chacun de nos actes, qu’ils soient individuels ou collectifs. Hyper intéressant !

                              mm

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Errer. Puis…

Posté : 23 mai, 2017 @ 11:09 dans Chemin, Histoires de Coeurs, Méditation & Réflexion Personnelle, Société & Actu. | Pas de commentaires »

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ENSEMBLE-WORLD

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Errer dans le monde, aller de lieu en lieu, de peuple en peuple ; pour revenir en se disant que tout cela est formidable, et normal – que chacun a sa vie, sa manière de faire, ses coutumes et ses rites.

Et se dire alors que nul ne peut être frappé d’interdiction de vivre à sa guise.

Se dire que toutes ces différences sont là pour nous rapprocher pour en savoir plus, et pour nous enrichir. Qu’en aucun cas elles ne sont là pour nous briser, nous diviser, nous séparer, nous éloigner.

Errer dans sa vie à grands ou petits pas, et découvrir alors, en se posant enfin, combien la vie est pleine de rencontres, de découvertes, de surprises, de petits et grands malheurs, de petits et grands bonheurs.

Et se dire alors que c’est là la vie, marcher sur son chemin, en croiser d’autres, des multitudes d’autres, et avancer en soi, essentiellement.

Vivre les jours de drames en pleurant, parce que l’on a du cœur, et vivre les jours de joie en souriant, parce que la vie est encore là.

Ecrit d’une traite ce matin, en ce territoire où les extrêmes se rencontrent – là où le cœur balance, entre ce vilain barbouillis face aux nouvelles du jour, et en attendant le sourire et le câlin du petit-dernier de la famille auxquels il se prépare - en ces instants où tout se brouille, où tout se mêle ; le bonheur et la tristesse mêlant leurs larmes sucrées-salées…

                    mm

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L’histoire reste à écrire…

Posté : 8 mai, 2017 @ 8:23 dans Chemin, Histoires de Coeurs, Poésie, Société & Actu. | Pas de commentaires »

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PAGE BLANCHE

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Kabyles de la Chapelle et des quais de Javel

Hommes de pays loin

Cobayes des colonies

Doux petits musiciens

Soleils adolescents de la porte d’Italie

Boumians de la porte de Saint-Ouen

Apatrides d’Aubervilliers

Brûleurs des grandes ordures de la ville de Paris

Ébouillanteurs des bêtes trouvées mortes sur pied

Au beau milieu des rues

Tunisiens de Grenelles

Embauchés débauchés

Manœuvres désœuvrés

Polacks du Marais du Temple des Rosiers

Cordonniers de Cordoue et soutiers de Barcelone

Pêcheurs des Baléares ou du cap Finistère

Rescapés de Franco

Et déportés de France, et de Navarre,

Pour avoir défendu en souvenir de la vôtre

La liberté des autres.

Esclaves noirs de Fréjus

Tiraillés et parqués

Au bord d’une petite mer

Où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus

Qui évoquez chaque soir

Dans les locaux disciplinaires

Avec une vieille boîte à cigares

Et quelques bouts de fil de fer

Tous les échos de vos villages

Tous les oiseaux de vos forêts

Et ne venez dans la capitale

Que pour fêter, au pas cadencé,

La prise de la Bastille, le quatorze juillet.

Enfants du Sénégal

Dépatriés expatriés et naturalisés

Enfants indochinois

Jongleurs aux innocents couteaux

Qui vendiez autrefois, aux terrasses des cafés,

De jolis dragons d’or faits de papier plié

Enfants trop tôt grandi et si vite en allés

Qui dormez aujourd’hui de retour au pays

Le visage dans la terre

Et des hommes incendiaires labourant vos rizières.

On vous a renvoyé

La monnaie de vos papiers dorés

On vous a retourné

Vos petits couteaux dans le dos.

Étranges étrangers

Vous êtes de la ville

Vous êtes de sa vie

Même si mal en vivez

Même si vous en mourez. 

Jacques Prévert

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L’escapade de ce jour…

Posté : 7 mai, 2017 @ 9:00 dans Chemin, Histoires de Coeurs, Société & Actu., Vidéos & Cinéma | Pas de commentaires »

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L’amour donne le sourire et bonne mine.

Normal, parce que c’est puissant l’Amour.

C’est même lui seul qui a cet incroyable pouvoir,

celui de réunir ce qui aiment, et de dissoudre la haine…

       mm

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Un livre à tiroirs…

Posté : 28 avril, 2017 @ 10:08 dans Chemin, Ensemble, Société & Actu., Spiritualité, Un livre | Pas de commentaires »

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ZEN

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Dans un monde acceptable, un monde humain, un monde fait pour l’homme, le moi progressivement baisse sa garde. C’est là une règle simple qu’en construisant notre monde selon nos besoins, et non selon des fascinations abstraites, nous serions sages d’appliquer.

En l’absence d’objet, l’esprit revient naturellement à sa nature de pureté originelle ; lorsque l’esprit ne s’arrête nulle part, alors apparaît le véritable esprit.

Le sans-pensée du Zen, il faut le préciser, n’est pas une suspension de l’esprit dans le vide, une fixation dans le sans-notions. Ce sans-penser est un détachement et un retour à la spontanéité, il est dynamique, on peut le concevoir comme une réintégration dans le Tao, c’est-à-dire le mystérieux courant créatif qui – selon une cosmogonie non pas linéaire et historique, mais circulaire et permanente – anime toute chose.

Les affects et les concepts que nous avions solidifiés pour configurer la notions d’un moi face à un monde, lorsque le monde lui-même devient une absence, un simple cercle, d’eux-mêmes s’atténuent, perdent de leur puissance opérative. Dans la paix qui s’installe, cependant, l’illusion cognitive fondamentale est réduite mais n’est pas automatiquement éradiquée – d’où la difficulté des retours dans le monde des hommes. Sa destruction serait ce que le bouddhisme Zen nomme éveil. 

Antoine Marcel : Zen et connaissance – Vers une écologie spirituelle.

Extrait, annexe II, dernières pages, dernières lignes.

Editions Oxus/Piktos

§§ 

Un ouvrage où le Zen oriental et la connaissance occidentale se font face, se regardent, s’observent, s’expliquent, et… se rejoignent.

En début de lecture il m’a fait l’effet d’une improbable rencontre entre un illustre savant et un ermite philosophe. Puis, au fil des pages, l’esprit de l’ouvrage se dévoile, nous emmenant en un voyage presque cosmique, sur un chemin quasi initiatique.

Un livre à relier entre eux les gens… une belle oeuvre, donc – même si la lecture en est quelque peu parfois ardue… 

             mm

s

L’Image du Jour. De la semaine, de l’année, de tous les temps…

Posté : 26 avril, 2017 @ 8:25 dans Chemin, Ensemble, Images, Société & Actu. | Pas de commentaires »

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SIGNES PARTICULIERS

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Lendemain de la veille. Symbole.

Posté : 24 avril, 2017 @ 2:51 dans Chemin, Images, Société & Actu. | Pas de commentaires »

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ECLORE

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