La vie est trop courte pour être petite…

Bienvenue dans ma roulotte

Archive pour la catégorie 'Un livre'

Du Camus…

Posté : 21 juillet, 2017 @ 1:09 dans Chemin, Citations & Pensées, Société & Actu., Un livre | Pas de commentaires »

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UN BOUT DE LIVRE

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Oui, c`est la vérité que nous vivons sans avenir et que le monde d’aujourd’hui ne nous promet plus que la mort ou le silence, la guerre ou la terreur. Mais c’est la vérité aussi que nous ne pouvons pas le supporter parce que nous savons que l’homme est une longue création et que tout ce qui vaut la peine de vivre, amour, intelligence, beauté, demande le temps et la maturité. Et si nous ne pouvons pas le supporter, nous devons le dénoncer. Et la première chose justement est de pousser ce cri de révolte. 

Car la terreur et la fatalité sont faites pour moitié au moins de l’inertie et de la fatigue des individus en face des principes stupides ou des actions mauvaises dont on continue d`empoisonner le monde. La tentation la plus forte de l’homme est celle de l’inertie. Et parce que le monde n’est plus peuplé par le cri des victimes, beaucoup peuvent penser qu’il  continuera d’aller son train pendant quelques générations encore. Il ira son train, en effet, mais parmi les prisons et les chaînes. Parce qu’il est plus facile de faire son travail quotidien et d’attendre dans une paix aveugle que la mort vienne un jour, les gens croient qu’ils ont assez  fait pour le bien de l’homme en ne tuant personne directement.

Mais, en vérité, aucun homme ne peut mourir en paix s’il n’a pas fait tout ce qu’il faut pour que les autres vivent et s’il n’a pas cherché ou dit quel est le chemin d’une mort pacifiée. Et d’autres encore, qui n’ont pas envie de penser trop longtemps à la misère humaine, préfèrent en parler d’une façon très générale et dire que cette crise de l’homme est de tous les temps. Mais ce n`est pas une sagesse qui vaut pour le prisonnier ou le condamné. Et, en vérité, nous continuons d`être dans la prison, attendant les mots de l’espoir.

Les mots d’espoir sont le courage, la parole claire et l’amitié. Qu’un seul homme puisse envisager aujourd’hui une nouvelle guerre sans le tremblement de l’indignation et la guerre devient possible. Qu’un seul homme puisse justifier les principes qui conduisent à la guerre et à la terreur et il y aura guerre et terreur. Il faut donc bien que nous disions clairement que nous vivons dans la terreur parce que nous vivons selon la puissance et que nous ne sortirons de la terreur que lorsque nous aurons remplacé les valeurs de puissance par les valeurs d`exemple.

Il y a terreur parce que les gens croient ou bien que rien n’a de sens ou bien que seule la réussite historique en a. Il y a terreur parce que les valeurs humaines ont été remplacées par les valeurs du mépris et de l’efficacité, la volonté de liberté par la volonté de domination. On n`a plus raison parce qu’on a la justice et la générosité avec soi. On a raison parce qu’on réussit. Et plus on réussit, plus on a raison. A la limite, c`est la justification du meurtre.

Tout le monde aujourd’hui veut réussir, par l’argent ou par le jeu. Tout le monde veut triompher. Les nations ne souhaitent pas le succès parce qu’elles ont raison mais elles le veulent pour avoir enfin raison. Aucune d’elles ne veut plus écouter l’autre. Il n’y a plus de dialogues possibles dans un univers où tout le monde est sourd. Demain, ce sera le monologue du vainqueur et le silence de l’esclave. C`est pourquoi les hommes ont raison d’avoir peur, parce que dans un pareil monde c’est toujours par hasard ou par une arbitraire bienveillance que leur vie ou celle de leurs enfants sont épargnées. Et ils ont raison aussi d`avoir honte parce que ceux qui vivent dans un pareil monde sans le condamner de toutes leurs forces (c`est-à-dire presque tous) sont à leur manière aussi meurtriers que les autres.

Il n’y a qu’un seul problème aujourd’hui qui est celui du meurtre, toutes nos disputes sont vaines.

Une seule chose importe qui est la paix.

Les maîtres du monde sont aujourd’hui incapables de l’assurer parce que leurs principes sont faux et meurtriers.

Que du moins, et dans tous les pays, ceux qui refusent le meurtre se réveillent, dénoncent les faux principes et entament pour leur propre compte la réflexion, le dialogue, le démarche exemplaire qui démontreront au moins que  l’histoire est faite pour l’homme et non pas le contraire.

Ceux qui ne veulent pas tuer doivent parler, et ne dire qu’une seule chose, mais la dire sans répit, comme un témoin, comme mille témoins qui n’auront de cesse que lorsque le meurtre, à la face du monde sera répudié définitivement. 

Albert Camus, Franchise No 3, novembre – décembre 1946.

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Ce texte quasi inédit d’Albert Camus a été remis par sa fille Catherine à Axel Kahn, qui l’a publié sur son blog, nous encourageant à le partager.

Il annonçait, semble-t-il, “L’homme révolté” en 1951… 

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est d’une étonnante modernité, et semble écrit dans l’actualité.

Merci à Albert Camus pour ce texte riche d’enseignement, et à Catherine Camus et à Axel Kahn pour ce partage.

        mm

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[...] Et la sagesse d’en connaître la différence…

Posté : 7 juillet, 2017 @ 10:21 dans Chemin, Citations & Pensées, Méditation & Réflexion Personnelle, Pour du mieux, Un livre | Pas de commentaires »

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LACHER-PRISE-PRATIQUE

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Chanson de la piste ouverte – 2.

Posté : 23 juin, 2017 @ 8:20 dans Chemin, Histoires de Coeurs, Poésie, Un livre | Pas de commentaires »

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LONG CHEMIN

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2.

Mais toi, route que j’entame, jetant un coup d’oeil à la ronde, j’ai le sentiment que tu n’es pas la fin de tout.

J’ai le sentiment qu’il y a de l’invisible, en plus, où nous sommes.

Quelle magistrale leçon d’hospitalité, en toi, sans exclusion ni privilège,

Le Noir à la tête laineuse, le renégat, le malade, l’analphabète, tu les reçois tous ;

La course pour trouver le médecin accoucheur, la savate traînante du mendiant, les zigzags de l’ivrogne, la joyeuse équipée des ouvriers,

Le fils prodigue, l’attelage du riche, le jeune gandin, les amants en fuite,

Le paysan matinal sur la route du marché, le corbillard, les meubles qu’on déménage à la ville, le retour à la campagne,

Tout cela passe, moi avec, tout cela a droit de passage sans la moindre interdiction,

Rien n’est interdit d’accueil, mon amitié va à tout cela sans partage.

Walt Withman – Feuilles d’herbe, extrait

Editions Gallimard

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Onze passages s’enchaînent ainsi sur le voyage, la balade, le vagabondage, et tout ce qu’ils ont à nous offrir, tout ce qu’ils transforment en nous et tout ce dont ils nous imprègnent. Sautillant ou rêvassant, nous avançons à ses côtés sur le chemin qui s’enrichit de tout ce que nous y voyons, nous enrichissant du même coup.

Un voyage peu commun, allant à la fois vers soi et vers l’autre, vers soi et vers les autres, avec lucidité, dans la vraie vie, mais tout en poésie…

Un ouvrage où il fait bon aller puiser quelques morceaux d’évasion et de méditation. Un ouvrage où il fait bon partir…

                 mm

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Chanson de la piste ouverte – 1.

Posté : 16 juin, 2017 @ 10:48 dans Chemin, Histoires de Coeurs, Poésie, Un livre | Pas de commentaires »

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LONG CHEMIN

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1.

Pied sûr, cœur léger, j’attaque la piste ouverte,

Suis libre, en bonne santé, le monde est devant moi,

La longue piste brune s’étire où je veux qu’elle me conduise.

À partir d’aujourd’hui je n’attends plus la bonne fortune : la bonne fortune, c’est moi !

J’ai fini de me plaindre, j’ai fini de tergiverser, j’ai fini d’avoir besoin de ceci ou de cela.

Terminé le petit monde des récriminations, des bibliothèques, des critiques chagrines.

Sans faiblesse ni grief, j’avance à découvert sur la piste.

Pour moi la terre me suffit.

Pourquoi voudrais-je les constellations moins éloignées ?

Elles sont où elles doivent être, j’en suis sûr.

Conviennent à ceux qui les habitent.

(Sur terre, donc ! épaules chargées du délicieux fardeau,

La vieille charge d’hommes et de femmes qui partout m’accompagnent,

Impensable, je le jure, pour moi, de m’en débarrasser,

Empli d’eux comme je suis et qui à mon tour les comblerai !) 

Walt Withman – Feuilles d’herbe, extrait

Editions Gallimard

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Un ouvrage d’aventure et de poésie, d’humanité et d’amour, de mal d’amour.

Poète – parmi les plus grands poètes au monde, à mon avis.

Complexe, ce qu’il nous donne nous est repris face à la réflexion, puis il nous donne encore, plus fort encore, ou d’une autre manière. 

Ces niveaux de lecture donnent à ses textes une infinie richesse.

Un ouvrage à emmener, c’est sûr, sur une île déserte.

Pour mieux comprendre les humains, et, particulièrement, ceux dont nous nous serions alors éloignés.

               mm

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Philo.

Posté : 9 juin, 2017 @ 5:32 dans Chemin, Ensemble, Pour du mieux, Société & Actu., Un livre | Pas de commentaires »

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UN CHEMIN DE LIVRES

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Etre sage c’est être roi en soi.

Alain.

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L’autonomie est une notion capitale dans la vie de chacun d’entre nous. Elle semble bien être caractérisée par la maîtrise de soi, comme le suggère Alain…

Oui , l’autonomie, nous dit le dictionnaire, est la possibilité pour l’individu ou pour le groupe d’obéir à ses propres lois. Mais dès le départ une ambiguïté se présente.

En effet, le mot “loi” désigne trois catégories de contraintes : d’une part les lois de la nature, qui sont supposées être restées immuables depuis les instants qui ont suivi le mythique “big-bang”, d’autre part les règles du vivre ensemble adoptées par chaque société humaine, enfin les normes de comportement que nous nous imposons à nous-mêmes au nom de principes éthiques liés à la définition que nous nous proposons nous-mêmes. Les premières sont des données sur lesquelles nous n’avons pas de prise, elles s’imposent et nous ne pouvons que nous incliner, que “faire avec”, quitte parfois à nous en arranger en les détournant. Les deuxièmes sont le résultat de décisions humaines nécessairement arbitraires, donc révisables : c’est le consentement général qui leur donne puissance. Quant aux troisièmes, elles résultent d’une autoconstruction qui découle de la prise de conscience de mon existence et du désir de “donner un sens” à mon parcours.

On peut donner un sens à son existence tout en n’assumant pas certaines responsabilités, tout en ne respectant pas certaines lois. L’autonomie exige un effort particulier : si je respecte les limitations de vitesse, c’est parce que je comprends la nécessité d’une telle réglementation…

La limitation de vitesse illustre bien ces trois aspects des lois : en amont, il y a la loi de la nature, selon laquelle l’énergie cinétique est proportionnelle au carré de la vitesse ; c’est le fameux E = 1/2 mv² que connaissent les lycéens. Doubler la vitesse, c’est quadrupler l’énergie, d’où la nécessité de la limiter. Vient ensuite l’acceptation d’une règle imposée par le ministre de l’intérieur, dont le bras armé est la gendarmerie. Enfin, notre soumission à cette règle résulte de notre décision personnelle de mettre le respect de la vie des autres au-dessus de l’éventuel plaisir que nous procure la vitesse.

Finalement, il s’agit moins, pour être autonome, d’être maître de soi que de choisir, lorsque cela est possible, nos soumissions. Le problème c’est que la spontanéité l’emporte souvent sur la réflexion. Et surtout que les hommes, au nom de la liberté, refusent de se soumettre à la loi. 

Nouvelle petite philosophie – chapitre Autonomie , extrait

Albert Jacquard, avec la collaboration d’Huguette Planès

Editions Stock

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Chapitre après chapitre, dans un dialogue avec une professeure de philosophie aux questions intelligentes et très pertinentes, Albert Jacquard dépeint les principaux thèmes de société, en explique les racines et les formes, dans un langage simple et efficace, comme de coutume. 

Une belle étude de société, depuis les tenants et les aboutissants jusqu’aux conséquences de chacun de nos actes, qu’ils soient individuels ou collectifs. Hyper intéressant !

                              mm

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Les fameuses apparences…

Posté : 2 juin, 2017 @ 8:57 dans Chemin, Citations & Pensées, Histoires de Coeurs, Un livre | Pas de commentaires »

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NUIT SAHARIENNE

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Ne jugez pas sur les apparences

Inda et Ouali étaient un couple d’artisans maroquiniers, ils étaient heureux d’attendre un enfant à qui ils pourraient transmettre leur art de travailler la peau.

Un jour Ouali revint tard du marché et son attention fut attirée par de petits cris d’animaux provenant d’un acacia situé à l’entrée du village. Il s’approcha et fut surpris par une petite boule de poils roux qui vint se blottir à ses pieds, c’était un bébé fennec. Attendri, il le prit dans ses mains et le petit animal sembla heureux de trouver enfin quelqu’un qui prenne soin de lui. Ouali pensa à un présage des esprits du sable. Il aurait un garçon et cet animal grandirait avec lui en veillant sur son fils.

Ouali sourit au petit fennec et lui dit : 

“Viens, puisque le destin t’a placé sur mon chemin, je te nomme Malik.”

Arrivé chez lui, il ne fut point surpris de trouver toute la famille autour de sa femme, elle venait juste d’accoucher. C’était un garçon qu’ils nommèrent Massinissa. La famille préparait les beignets et le thé à la menthe pour célébrer la naissance du fils.

Ouali sortit le petit fennec de sa besace et dit à Inda :

“Voici le compagnon de ton fils que les esprits du sable m’ont envoyé aujourd’hui.”

Durant la fête, Malik eut un grand succès. L’enfant et le petit fennec grandirent ensemble. Ils s’amusaient beaucoup et devinrent inséparables.

Un jour, Ouali et Inda durent s’absenter pour aller au marché voisin, ils recommandèrent alors à Malik de veiller comme d’habitude sur Massinissa. A leur retour, le père trouva le petit fennec hors de la tente, le museau plein de sang. Ouali sans réfléchir prit son fusil et tua Malik. Inda affolée se précipita dans la tente et vit son petit dormant, un serpent égorgé gisant près de sa couche.

Les parents comprirent trop tard que le petit fennec veillait bien sur leur enfant pendant sa sieste, il lui avait sauvé la vie en égorgeant le serpent qui allait le tuer. Ils pleurèrent l’ami fidèle de Massinissa, et l’enterrèrent dignement, demandant à son âme de pardonner Ouali d’avoir jugé trop vite sur les apparences. 

Mémoires du Sahara – Contes berbères et touaregs, recueillis par Thawia Athetalev

Extrait, pages 119 & 120

Editions Séquoia

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Dieu a créé des pays avec de l’eau pour que les hommes puissent y vivre.

Et il a créé le désert afin qu’ils puissent connaître leur âme. 

Parole Touareg

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Il y a une vie avant, et une vie après, avoir rencontré le désert.

Cet espace minéral qui murmure dès le soir, et qui semble destiné à s’unir au manteau bleu nuit tapissé d’une infinité d’étoiles.

Où l’on se sent si petit, posé entre les deux, et presque intrus…

Les souvenirs de ces instants, au beau milieu de ces deux immensités, sont inoubliables.

Ils sont toujours excellents à revisiter, que ce soit pour leur beauté, leur puissance et leur sérénité, ou pour l’humilité que ces infimes instants nous ont enseignée.

                       mm

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Ici et là-bas. Là-bas vu d’ici. (2)

Posté : 26 mai, 2017 @ 8:15 dans Chemin, Un livre | Pas de commentaires »

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 ART FLORAL JAPON

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La seconde raison vient d’une association d’idées qui, des portes coulissantes, m’a menée aux pieds des femmes.

Dans les films d’Ozu, on ne compte pas le nombre de plans où un acteur pousse la porte, entre au foyer et se déchausse. Les femmes surtout, ont dans l’enchaînement de ces actions un talent singulier.

Elles entrent, font glisser la porte le long de la paroi, effectuent deux petits pas rapides qui les mènent au pied de l’espace surélevé en quoi consistent les pièces à vivre, se déchaussent sans se pencher de souliers dépourvus de lacets et, en un mouvement des jambes fluide et gracieux, pivotent sur elles-mêmes sitôt escaladée la plate-forme qu’elles abordent de dos. Les jupes se gonflent légèrement, le plié des genoux, requis par l’ascension, est énergique et précis, le corps suit sans peine cette demi-ronde des pieds, qui se poursuit par une déambulation curieusement brisée, comme si les chevilles étaient entravées par des liens. Mais, alors que d’ordinaire l’entrave des gestes évoque la contrainte, les petits pas animés d’une incompréhensible saccade donnent aux pieds des femmes qui marchent le sceau de l’œuvre d’art.

Lorsque nous marchons, nous autres occidentaux, et parce que notre culture le veut ainsi, nous tentons de restituer, dans la continuité d’un mouvement que nous concevons sans à-coups, ce que nous croyons être l’essence même de la vie : l’efficacité sans obstacle, la performance fluide figurant, dans l’absence de rupture, l’élan vital par lequel tout s’accomplit. Ici, le guépard en action est notre norme : tous ses gestes se fondent harmonieusement, on ne peut distinguer celui-ci du suivant, et la course du grand fauve nous apparaît comme un seul et long mouvement symbolisant la perfection profonde de la vie.

Mais lorsque les femmes japonaises brisent de leurs pas hachés le puissant déploiement du mouvement naturel, et alors que nous devrions éprouver le tourment qui s’empare de l’âme au spectacle de la nature outragée, il se produit au contraire une étrange félicité, comme si la rupture produisait l’extase et le grain de sable la beauté.

Dans cette offense faite au rythme sacré de la vie, dans cette marche contrariée, dans l’excellence née de la contrainte, nous tenons un paradigme de l’Art.

Alors, propulsé hors d’une nature qui le voudrait continu, devenant, par sa discontinuité même, à la fois renégat et remarquable, le mouvement advient à la création esthétique.

Car l’art, c’est la vie, mais sur un autre rythme. 

L’élégance du hérisson, Chapitre : Brisure et continuité, partie 2.

Muriel Barbery

Editions Gallimard

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Ici et là-bas. Là-bas vu d’ici… (1)

Posté : 19 mai, 2017 @ 11:20 dans Chemin, Histoires de Coeurs, Un livre | Pas de commentaires »

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ART FLORAL JAPON

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Deux raisons, également liées aux films d’Ozu.

La première réside dans les portes coulissantes elles-mêmes.

Dès le premier film, Le goût du riz au thé vert, j’avais été fascinée par l’espace de vie japonais et par ces portes coulissantes refusant de pourfendre l’espace et glissant en douceur sur des rails invisibles.

Car, lorsque nous ouvrons une porte, nous transformons les lieux de bien mesquine façon. Nous heurtons leur pleine extension et y introduisons une brèche malavisée à forces de mauvaises proportions. Si on y réfléchit bien, il n’y a rien de plus laid qu’une porte ouverte.

Dans la pièce où elle se trouve, elle introduit comme une rupture, un parasitage provincial qui brise l’unité de l’espace. Dans la pièce contiguë, elle engendre une dépression, une fissure béante et néanmoins stupide, perdue sur un bout de mur qui eût préféré être entier.

Dans les deux cas, elle perturbe l’étendue sans autre contrepartie que la licence de circuler, laquelle peut pourtant être assurée par bien d’autres procédés.

La porte coulissante, elle, évite les écueils et magnifie l’espace.

Sans en modifier l’équilibre, elle en permet la métamorphose. Lorsqu’elle s’ouvre, deux lieux communiquent sans s’offenser. Lorsqu’elle se ferme, elle redonne à chacun son intégrité. Le partage et la réunion se font sans intrusion.

La vie y est une calme promenade, alors qu’elle s’apparente chez nous à une longue suite d’effractions.

- C’est vrai, dis-je à Manuela, c’est plus pratique et moins brutal. 

L’élégance du hérisson, Chapitre : Brisure et continuité, partie 1.

Muriel Barbery

Editions Gallimard

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J’avais savouré cet ouvrage, l’écriture en est sublime, le sujet original et les personnages délicieux.

Plus tard j’ai vu le film, pour une fois assez fidèle au livre, mis à part, bien sûr, cette somptuosité et ces subtilités littéraires, cela va de soi.

Le livre reste l’original. Et le film en est une bien belle copie.

Deuxième partie de ce chapitre – sur la brisure et la continuité – la semaine prochaine.

                   mm

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Vaste sujet…

Posté : 12 mai, 2017 @ 8:04 dans Chemin, Méditation & Réflexion Personnelle, Pour du mieux, Un livre | Pas de commentaires »

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LACHER-PRISE-

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Tout au long des âges de l’humanité, les sages ont fait allusion à un royaume invisible, un lieu hors du temps que l’on appelle le présent.

A ceux qui le découvrent, il offre une paix qui dépasse tout entendement. Mais ce que notre étude devrait vous révéler, c’est que ce royaume n’est pas vraiment caché. Sa réalité tranquille nous attend juste au coin de notre entendement actuel. C’est la raison pour laquelle rien ne peut remplacer la connaissance de soi.

Si vous ne deviez retenir qu’une grande leçon spirituelle, ce serait celle-ci : dans notre vie, nous voyons tout à travers les yeux de notre entendement et c’est de l’acuité de notre vue que dépend la profondeur de notre être. Heureusement, comme l’explique le court texte qui suit, nous ne sommes pas seuls pour réaliser notre potentiel. Afin de rapprocher notre Soi actuel de celui que nous aimerions devenir, nous possédons un ami secret, dont la seule tâche est notre épanouissement spirituel.

Pour franchir le gouffre.

Rien ne peut naître en dehors de sa quiétude,

L’esprit tranquille le voit et transporte en lui-même

Un vœu ailé, une chrysalide sombre qui attend

La lumière vivante pour rompre son silence…

La voilà qui nous fait signe ! Sautons le pas !

Franchissons le gouffre, entre ceci…

Et cela.”

Que signifient ces deux derniers vers : “Franchissons le gouffre, entre ceci… Et cela.” ?

Ici, nous trouvons l’idée d’une nouvelle nature capable de vaincre l’illusion des contraires. Nous apprenons qu’il existe un entendement capable de vivre au-dessus de l’abîme qui sépare le chagrin et la joie, le succès et l’échec, voire la vie et la mort. Ces deux vers nous parlent également d’un certain degré de conscience qui est emporté dans le mouvement de la vie : une nature non éclairée qui se balance involontairement de haut en bas, entre plaisir et douleur, entre ceci et cela.

Les véritables traditions spirituelles, occidentales et orientales, ont toujours enseigné cette connaissance intérieure. Elle est chrétienne, bouddhiste, musulmane, hindoue et hébraïque, tout à la fois. Des vérités telles que celle-ci nous aident à comprendre que, pour être libres, nous devrions transcender les contraires qui nous empêchent de distinguer le royaume de la paix en nous liant au monde des sensations passagères. 

Vivre et Lâcher prise, extrait

Chapitre IV : Libérez-vous et jouissez de la paix du présent

Guy Finley

Editions LGLM

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S’é(mer)veiller…

Posté : 5 mai, 2017 @ 5:50 dans Chemin, Citations & Pensées, Gratitude, Méditation & Réflexion Personnelle, Un livre | Pas de commentaires »

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LIVRE A LUNETTES

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S’émerveiller

“La merveille est ce qui bouillonne dans mon âme.”

D.H. LAWRENCE

Dernièrement, j’ai emmené pour la première fois ma fille d’un an au zoo.

En voyant l’éléphant, elle en avait presque les yeux exorbités. Et quand je lui ai donné la première cuillerée de glace, elle a sauté de joie. Son petit corps se tortillait, ses yeux brillaient et elle avait un large sourire.

Il est vrai, les éléphants sont d’étonnantes créatures, et les glaces sont tout autant délicieuses la millième fois que la première. Mais nous, les adultes avons perdu cette capacité de nous étonner et, qu’il s’agisse d’éléphants ou de glace, nous n’en faisons pas grand cas.

Les enfants sont nos plus grands maîtres en la matière. S’émerveiller est naturel, et nous le perdons de vue à mesure que nous devenons insensibles aux choses.

Puisque s’émerveiller c’est se laisser surprendre par la vie, et que la gratitude naît de l’émerveillement, pour pratiquer la reconnaissance, on doit se laisser surprendre par un superbe coucher de soleil, une délicieuse friction du dos, un coup de téléphone inattendu ou la gentillesse d’un inconnu.

La gratitude, un état d’être – M.J RYAN

Chapitre : La pratique de la reconnaissance  : § 6 – S’émerveiller, extrait

Edition Véga

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Un ouvrage qui me fut salutaire, après une certaine sombre époque de ma vie.

Un petit livre presque ludique, par lequel on découvre tous les canaux de la gratitude, et tous ses bienfaits, dès qu’on la met en pratique.

Un ouvrage qui redonne du sens. A ne pas perdre de vue, très utile en cas de baisse de forme.

                        mm

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