La vie est trop courte pour être petite…

Bienvenue dans ma roulotte

Archive pour la catégorie 'Un livre'

Ici et là-bas. Là-bas vu d’ici. (2)

Posté : 26 mai, 2017 @ 8:15 dans Chemin, Un livre | Pas de commentaires »

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 ART FLORAL JAPON

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La seconde raison vient d’une association d’idées qui, des portes coulissantes, m’a menée aux pieds des femmes.

Dans les films d’Ozu, on ne compte pas le nombre de plans où un acteur pousse la porte, entre au foyer et se déchausse. Les femmes surtout, ont dans l’enchaînement de ces actions un talent singulier.

Elles entrent, font glisser la porte le long de la paroi, effectuent deux petits pas rapides qui les mènent au pied de l’espace surélevé en quoi consistent les pièces à vivre, se déchaussent sans se pencher de souliers dépourvus de lacets et, en un mouvement des jambes fluide et gracieux, pivotent sur elles-mêmes sitôt escaladée la plate-forme qu’elles abordent de dos. Les jupes se gonflent légèrement, le plié des genoux, requis par l’ascension, est énergique et précis, le corps suit sans peine cette demi-ronde des pieds, qui se poursuit par une déambulation curieusement brisée, comme si les chevilles étaient entravées par des liens. Mais, alors que d’ordinaire l’entrave des gestes évoque la contrainte, les petits pas animés d’une incompréhensible saccade donnent aux pieds des femmes qui marchent le sceau de l’œuvre d’art.

Lorsque nous marchons, nous autres occidentaux, et parce que notre culture le veut ainsi, nous tentons de restituer, dans la continuité d’un mouvement que nous concevons sans à-coups, ce que nous croyons être l’essence même de la vie : l’efficacité sans obstacle, la performance fluide figurant, dans l’absence de rupture, l’élan vital par lequel tout s’accomplit. Ici, le guépard en action est notre norme : tous ses gestes se fondent harmonieusement, on ne peut distinguer celui-ci du suivant, et la course du grand fauve nous apparaît comme un seul et long mouvement symbolisant la perfection profonde de la vie.

Mais lorsque les femmes japonaises brisent de leurs pas hachés le puissant déploiement du mouvement naturel, et alors que nous devrions éprouver le tourment qui s’empare de l’âme au spectacle de la nature outragée, il se produit au contraire une étrange félicité, comme si la rupture produisait l’extase et le grain de sable la beauté.

Dans cette offense faite au rythme sacré de la vie, dans cette marche contrariée, dans l’excellence née de la contrainte, nous tenons un paradigme de l’Art.

Alors, propulsé hors d’une nature qui le voudrait continu, devenant, par sa discontinuité même, à la fois renégat et remarquable, le mouvement advient à la création esthétique.

Car l’art, c’est la vie, mais sur un autre rythme. 

L’élégance du hérisson, Chapitre : Brisure et continuité, partie 2.

Muriel Barbery

Editions Gallimard

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Ici et là-bas. Là-bas vu d’ici… (1)

Posté : 19 mai, 2017 @ 11:20 dans Chemin, Histoires de Coeurs, Un livre | Pas de commentaires »

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ART FLORAL JAPON

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Deux raisons, également liées aux films d’Ozu.

La première réside dans les portes coulissantes elles-mêmes.

Dès le premier film, Le goût du riz au thé vert, j’avais été fascinée par l’espace de vie japonais et par ces portes coulissantes refusant de pourfendre l’espace et glissant en douceur sur des rails invisibles.

Car, lorsque nous ouvrons une porte, nous transformons les lieux de bien mesquine façon. Nous heurtons leur pleine extension et y introduisons une brèche malavisée à forces de mauvaises proportions. Si on y réfléchit bien, il n’y a rien de plus laid qu’une porte ouverte.

Dans la pièce où elle se trouve, elle introduit comme une rupture, un parasitage provincial qui brise l’unité de l’espace. Dans la pièce contiguë, elle engendre une dépression, une fissure béante et néanmoins stupide, perdue sur un bout de mur qui eût préféré être entier.

Dans les deux cas, elle perturbe l’étendue sans autre contrepartie que la licence de circuler, laquelle peut pourtant être assurée par bien d’autres procédés.

La porte coulissante, elle, évite les écueils et magnifie l’espace.

Sans en modifier l’équilibre, elle en permet la métamorphose. Lorsqu’elle s’ouvre, deux lieux communiquent sans s’offenser. Lorsqu’elle se ferme, elle redonne à chacun son intégrité. Le partage et la réunion se font sans intrusion.

La vie y est une calme promenade, alors qu’elle s’apparente chez nous à une longue suite d’effractions.

- C’est vrai, dis-je à Manuela, c’est plus pratique et moins brutal. 

L’élégance du hérisson, Chapitre : Brisure et continuité, partie 1.

Muriel Barbery

Editions Gallimard

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J’avais savouré cet ouvrage, l’écriture en est sublime, le sujet original et les personnages délicieux.

Plus tard j’ai vu le film, pour une fois assez fidèle au livre, mis à part, bien sûr, cette somptuosité et ces subtilités littéraires, cela va de soi.

Le livre reste l’original. Et le film en est une bien belle copie.

Deuxième partie de ce chapitre – sur la brisure et la continuité – la semaine prochaine.

                   mm

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Vaste sujet…

Posté : 12 mai, 2017 @ 8:04 dans Chemin, Méditation & Réflexion Personnelle, Pour du mieux, Un livre | Pas de commentaires »

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LACHER-PRISE-

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Tout au long des âges de l’humanité, les sages ont fait allusion à un royaume invisible, un lieu hors du temps que l’on appelle le présent.

A ceux qui le découvrent, il offre une paix qui dépasse tout entendement. Mais ce que notre étude devrait vous révéler, c’est que ce royaume n’est pas vraiment caché. Sa réalité tranquille nous attend juste au coin de notre entendement actuel. C’est la raison pour laquelle rien ne peut remplacer la connaissance de soi.

Si vous ne deviez retenir qu’une grande leçon spirituelle, ce serait celle-ci : dans notre vie, nous voyons tout à travers les yeux de notre entendement et c’est de l’acuité de notre vue que dépend la profondeur de notre être. Heureusement, comme l’explique le court texte qui suit, nous ne sommes pas seuls pour réaliser notre potentiel. Afin de rapprocher notre Soi actuel de celui que nous aimerions devenir, nous possédons un ami secret, dont la seule tâche est notre épanouissement spirituel.

Pour franchir le gouffre.

Rien ne peut naître en dehors de sa quiétude,

L’esprit tranquille le voit et transporte en lui-même

Un vœu ailé, une chrysalide sombre qui attend

La lumière vivante pour rompre son silence…

La voilà qui nous fait signe ! Sautons le pas !

Franchissons le gouffre, entre ceci…

Et cela.”

Que signifient ces deux derniers vers : “Franchissons le gouffre, entre ceci… Et cela.” ?

Ici, nous trouvons l’idée d’une nouvelle nature capable de vaincre l’illusion des contraires. Nous apprenons qu’il existe un entendement capable de vivre au-dessus de l’abîme qui sépare le chagrin et la joie, le succès et l’échec, voire la vie et la mort. Ces deux vers nous parlent également d’un certain degré de conscience qui est emporté dans le mouvement de la vie : une nature non éclairée qui se balance involontairement de haut en bas, entre plaisir et douleur, entre ceci et cela.

Les véritables traditions spirituelles, occidentales et orientales, ont toujours enseigné cette connaissance intérieure. Elle est chrétienne, bouddhiste, musulmane, hindoue et hébraïque, tout à la fois. Des vérités telles que celle-ci nous aident à comprendre que, pour être libres, nous devrions transcender les contraires qui nous empêchent de distinguer le royaume de la paix en nous liant au monde des sensations passagères. 

Vivre et Lâcher prise, extrait

Chapitre IV : Libérez-vous et jouissez de la paix du présent

Guy Finley

Editions LGLM

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S’é(mer)veiller…

Posté : 5 mai, 2017 @ 5:50 dans Chemin, Citations & Pensées, Gratitude, Méditation & Réflexion Personnelle, Un livre | Pas de commentaires »

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LIVRE A LUNETTES

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S’émerveiller

“La merveille est ce qui bouillonne dans mon âme.”

D.H. LAWRENCE

Dernièrement, j’ai emmené pour la première fois ma fille d’un an au zoo.

En voyant l’éléphant, elle en avait presque les yeux exorbités. Et quand je lui ai donné la première cuillerée de glace, elle a sauté de joie. Son petit corps se tortillait, ses yeux brillaient et elle avait un large sourire.

Il est vrai, les éléphants sont d’étonnantes créatures, et les glaces sont tout autant délicieuses la millième fois que la première. Mais nous, les adultes avons perdu cette capacité de nous étonner et, qu’il s’agisse d’éléphants ou de glace, nous n’en faisons pas grand cas.

Les enfants sont nos plus grands maîtres en la matière. S’émerveiller est naturel, et nous le perdons de vue à mesure que nous devenons insensibles aux choses.

Puisque s’émerveiller c’est se laisser surprendre par la vie, et que la gratitude naît de l’émerveillement, pour pratiquer la reconnaissance, on doit se laisser surprendre par un superbe coucher de soleil, une délicieuse friction du dos, un coup de téléphone inattendu ou la gentillesse d’un inconnu.

La gratitude, un état d’être – M.J RYAN

Chapitre : La pratique de la reconnaissance  : § 6 – S’émerveiller, extrait

Edition Véga

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Un ouvrage qui me fut salutaire, après une certaine sombre époque de ma vie.

Un petit livre presque ludique, par lequel on découvre tous les canaux de la gratitude, et tous ses bienfaits, dès qu’on la met en pratique.

Un ouvrage qui redonne du sens. A ne pas perdre de vue, très utile en cas de baisse de forme.

                        mm

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Un livre à tiroirs…

Posté : 28 avril, 2017 @ 10:08 dans Chemin, Ensemble, Société & Actu., Spiritualité, Un livre | Pas de commentaires »

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ZEN

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Dans un monde acceptable, un monde humain, un monde fait pour l’homme, le moi progressivement baisse sa garde. C’est là une règle simple qu’en construisant notre monde selon nos besoins, et non selon des fascinations abstraites, nous serions sages d’appliquer.

En l’absence d’objet, l’esprit revient naturellement à sa nature de pureté originelle ; lorsque l’esprit ne s’arrête nulle part, alors apparaît le véritable esprit.

Le sans-pensée du Zen, il faut le préciser, n’est pas une suspension de l’esprit dans le vide, une fixation dans le sans-notions. Ce sans-penser est un détachement et un retour à la spontanéité, il est dynamique, on peut le concevoir comme une réintégration dans le Tao, c’est-à-dire le mystérieux courant créatif qui – selon une cosmogonie non pas linéaire et historique, mais circulaire et permanente – anime toute chose.

Les affects et les concepts que nous avions solidifiés pour configurer la notions d’un moi face à un monde, lorsque le monde lui-même devient une absence, un simple cercle, d’eux-mêmes s’atténuent, perdent de leur puissance opérative. Dans la paix qui s’installe, cependant, l’illusion cognitive fondamentale est réduite mais n’est pas automatiquement éradiquée – d’où la difficulté des retours dans le monde des hommes. Sa destruction serait ce que le bouddhisme Zen nomme éveil. 

Antoine Marcel : Zen et connaissance – Vers une écologie spirituelle.

Extrait, annexe II, dernières pages, dernières lignes.

Editions Oxus/Piktos

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Un ouvrage où le Zen oriental et la connaissance occidentale se font face, se regardent, s’observent, s’expliquent, et… se rejoignent.

En début de lecture il m’a fait l’effet d’une improbable rencontre entre un illustre savant et un ermite philosophe. Puis, au fil des pages, l’esprit de l’ouvrage se dévoile, nous emmenant en un voyage presque cosmique, sur un chemin quasi initiatique.

Un livre à relier entre eux les gens… une belle oeuvre, donc – même si la lecture en est quelque peu parfois ardue… 

             mm

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Distrayant, et riche à la fois.

Posté : 21 avril, 2017 @ 9:57 dans Chemin, Pour du mieux, Un livre | Pas de commentaires »

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MOINE ZEN

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Autrefois, en certaines contrées d’Asie, la coutume voulait que l’on nettoie les pommes de terre, à peine arrachées, en les plongeant dans une bassine, et en agitant vigoureusement l’eau avec un bâton.

Les pommes de terre s’étrillaient ainsi l’une l’autre, et faisaient leur toilette mutuelle.

Cette image est un symbole.

Au contact d’autrui, nous décrassons notre âme et vannons nos défauts.

Rien ne résiste longtemps au voisinage de nos frères. On le sait bien dans les monastères zen. 

L’orgueil, et sa sœur la vanité, l’imprudence, la sottise, les manies, la mauvaise foi, la distraction, le bavardage ou le mensonge, tout est bientôt décrotté, et nos vices se détachent de nous comme des plaques de boue…

Parole d’un moine zen 

Humour Zen – extrait.

Henri Brunel

Editions Calmann-Lévy

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Un petit livre délicieux – parfois drôle et parfois plein de justesse, touchant à chaque page – qui m’a été offert tout récemment par ma fille, et qui provenait de la riche provision que nous avons faite toutes deux, ainsi que les petits, à la dernière Foire aux Livres d’Amnesty.

Ces Foires aux Livres sont précieuses, d’abord pour ce bon temps qu’elles nous font passer, le nez dans ces odeurs de papiers vieillis qui racontent déjà une histoire, à feuilleter tous ces ouvrages jamais rencontrés, de toutes sortes et de toutes époques, traitant des sujets les plus variés, avec la récompense d’en dénicher ici ou là de fort précieux, à nos yeux en tout cas. Avec l’idée qu’ils ont fait avant nous un long voyage sans doute, et qu’en plus ils nous racontent en silence tout ce qu’ils ont vécu avant que nous les adoptions…

                mm

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Emotion. Ephémère mais puissante.

Posté : 14 avril, 2017 @ 10:39 dans Chemin, Pour du mieux, Un livre | 1 commentaire »

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LIVRE AU LILAS

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Quand l’émotion nous trouve

Ce n’est pas en étant à la recherche d’une émotion qu’on la rencontre, c’est elle qui nous trouve, nous surprend, nous rejoint et nous éveille.

L’émotion touche une fibre dont l’éveil va éclairer des sentiments endormis, des sensations oubliées, des perceptions inattendues et les vivifier de sa palpitation…

Il n’est pas facile de décrire une émotion ou d’en témoigner dans le langage des mots. Nous la portons dans la joie, dans la tristesse, parfois dans la nostalgie. Au plus profond, nous savons la fragilité d’une émotion, sa vacuité, son évanescence en même temps que son envahissement quand elle nous submerge. Aussi faut-il accepter de nous laisser accompagner par elle, au plus loin, au plus intime ; de nous laisser porter par sa houle, grandir et amplifier par sa chaleur, enchanter par sa présence. 

L’émotion est un fil d’or qui nous relie au sens caché des êtres et de nous-même.

L’émotion est un sésame, une clé pour accéder aux détours de notre sensibilité, à la richesse d’une écoute insoupçonnée.

L’émotion nous fait découvrir ce que nous ne savions même pas savoir, elle nous fait pénétrer dans l’inimaginable.

[...] 

Il ne suffit pas que le soleil se lève ; encore faut-il transformer l’aube en un jour nouveau. 

 

Jacques Salomé, Le courage d’être soi, extrait. Pages 112 & 113.

Les Editions du Relié

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Une lente progression. De profondes recherches au fond de soi. Jusqu’à toucher à l’intime de l’intime. Pour parvenir à ce soi méconnu.

Un ouvrage qui permet la réconciliation avec soi, puis l’acception de soi, pour parvenir enfin à s’aimer un peu, et à être. Simplement être.

               mm

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Philosophie du vagabondage. De l’errance.

Posté : 7 avril, 2017 @ 9:01 dans Chemin, Planète, Poésie, Société & Actu., Un livre | Pas de commentaires »

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VAGABONDER

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Il est une autre catégorie de nomades. Ils ne conduisent pas de troupeaux et n’appartiennent à aucun groupe. Ils se contentent de voyager silencieusement, pour eux-mêmes, parfois en eux-mêmes. On les croise sur les chemins du monde. Ils vont seuls, avec lenteur, sans autre but que celui d’avancer.

Comme le requin que son anatomie condamne à nager perpétuellement, ils vivent en mouvement. Ils ressemblent un peu aux navettes de bois qui courent sans aucun bruit sur la trame des hautes lisses et dont les allées et venues finissent par créer une tapisserie. Eux ils se tissent un destin, pas à pas. Le défilement des kilomètres suffit à donner un sens à leur voyage. Ils n’ont pas de signe de reconnaissance, pas de rites. Impossible de les assimiler à une confrérie : ils n’appartiennent qu’au chemin qu’ils foulent.

Ils traversent les pays autant que les époques et, selon les âges, ils ont reçu des noms différents : moines-mendiants, troubadours, hobos ou beatniks, ermites des taïgas ou coureurs des bois, vagabonds, wanderer ou waldganger, errants ou loups des steppes… Leur unique signe distinctif : ne pas supporter que le soleil, à son lever, parte sans eux.

A Paris, j’écris ces lignes pour saluer leurs ombres qui passent, furtives, sur le tapis du monde. Parmi elles, j’ose reconnaître la mienne et me croire, moi aussi, un baladin du monde occidental. 

Sylvain Tesson, Petit traité sur l’immensité du monde, extrait.

Editions des Équateurs & Pocket

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Ce Petit Traité sur l’immensité du monde est un précis de désobéissance naturaliste, une philosophie de poche buissonnière, un récit romantique contre l’ordre établi.

(4ème de couverture)

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Ressorti tout récemment de sa bibliothèque, petit ouvrage toujours charmant, et très utile lorsque le vagabondage nous reprend…

           mm

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Un petit bout de livre, une longue réflexion…

Posté : 31 mars, 2017 @ 9:50 dans Chemin, Un livre | Pas de commentaires »

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LIVRE-

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Nous apprenons l’effort à l’enfant,

il nous apprend l’acte d’abandon qu’on appelle la grâce.

Nous lui révélons les complications de la civilisation,

des rapports humains,

il nous rappelle la simplicité des commencements. 

Jean Guitton,

Le Livre de la Sagesse et des Vertus retrouvées, extrait.

Editions Perrin

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Et nous irons ainsi, l’ami, lire de plaisir…

Posté : 24 mars, 2017 @ 10:24 dans Chemin, Méditation & Réflexion Personnelle, Un livre | 1 commentaire »

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LIRE DE PLASIR

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Poésie

N’importe quel individu qui, chaque jour de sa vie, consacrerait ne serait-ce que vingt minutes à lire de la poésie – c’est-à-dire à la pratiquer – s’en trouverait profondément changé, et libéré.

D’où l’intérêt de notre société de détourner qui que ce soit de cette activité.

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Sac à dos

Je n’ignore pas qu’il s’est imposé en raison de sa praticité, de l’influence du sport sur les modes de vie, de sa polyvalence (ville/campagne, loisir/travail, etc.).

Cependant le sac à dos exprime son époque d’une autre façon : dans les rames et les couloirs du métro, dans la rue, ses usagers très régulièrement heurtent les autres, faute d’estimer la place qu’occupe cet appendice de leur personne.

Bref, un nombre grandissant d’individus négligent de s’interroger sur leur encombrement.

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Silence

Rechercher des êtres avec qui l’on peut se permettre de ne pas parler, y compris pour converser avec eux.

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Stoïcisme

On retient généralement de la morale stoïcienne les traits les plus grandioses. Ainsi de l’indifférence à sa propre douleur, qui est l’un des idéaux les plus spectaculaires du sage. Mais les stoïciens n’ignorent pas que rares sont ceux qui peuvent pratiquer une morale aussi exigeante.

Aussi ont-ils imaginé la doctrine des préférables : nous devons nous efforcer, autant qu’il est possible, de choisir la conduite préférable, à défaut de l’idéale ; ce n’est pas là une démission, mais un courage.

Il ne dépend pas de nous que nous atteignions chaque fois la cible, mais il dépend de nous d’essayer. 

o—o—o—o

Stéhane Audeguy, Petit éloge de la douceur, extraits.

Editions Gallimard

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Un petit abécédaire savoureux, bien plus profond qu’il n’y paraît, et qui offre souvent, d’une pichenette, de fameuses réflexions…

                           mm

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